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E.R.I.C. ou la technique de traitement des réclamations

Désamorcer la colère, comprendre la demande, sécuriser la relation et accompagner le client : ERIC et ERICA sont des méthodes structurées pour traiter les réclamations, à distance comme en omnicanal.



Sommaire

1. La réclamation : définition et enjeux

Une réclamation est une plainte, un reproche ou une insatisfaction exprimée par un client, qu’elle soit fondée ou non. Elle peut concerner un produit, un service, un délai, une information ou un comportement.

Principe fondamental

Un client qui se plaint est un client qui donne encore une chance à la relation.

2. Les principes clés d’ERIC

ERIC est une technique structurée de traitement des réclamations. Elle s’appuie sur une logique simple : on ne résout pas un problème tant que l’émotion et la demande ne sont pas clarifiées.

3. ÉCOUTER : laisser s’exprimer le client

Écouter ce que le client veut vous dire. Faites-le s’exprimer en vous efforçant de ne pas parler plus de 20% de la durée totale de la conversation. Posez des questions ouvertes et ponctuez vos propos de quelques affirmations (reformulations courtes) afin de l’encourager à vous parler.

Repère formateur

Objectif : 80% client / 20% conseiller, avec une écoute active et des relances ouvertes.

4. RÉCAPITULER : valider la demande et le ressenti

Récapituler la demande. Accusez réception et dites au client que vous voyez bien ce qu’il attend de vous. Dites-lui que vous comprenez sa situation et ses sentiments (à votre égard ou à l’égard de l’entreprise). Rappelez-vous qu’à ce stade, vous n’avez pas besoin d’être d’accord pour autant.

Phrase utile

« Si je résume, vous attendez… et ce qui vous a surtout déçu, c’est… Est-ce exact ? »

5. INTERROGER : comprendre pour résoudre

Interroger le client pour obtenir le maximum d’informations. Posez des questions vous permettant d’obtenir les informations dont vous avez besoin pour résoudre son problème (passez du général au particulier). Reformulez pour vous assurer de la justesse de votre analyse.

Check rapide
  • Faits : quoi / quand / où / comment ?
  • Impact : qu’est-ce que cela change pour le client ?
  • Attente : que considère-t-il comme une solution acceptable ?

6. CONFIRMER : annoncer clairement la suite

Confirmer ce qui va se passer. N’entamez jamais cette étape sans vous être assuré auparavant que le client a approuvé la justesse et la précision de votre résumé.

Point de vigilance

Ne promettez jamais un délai ou une action que vous ne maîtrisez pas. Engagez-vous sur du certain.

Indiquez clairement : la solution envisagée, le délai, le canal de suivi, et la prochaine action (par vous ou par le client).

7. ERICA : ACCOMPAGNER et assurer le suivi

ERICA complète ERIC par le A : Accompagner. Cela signifie : tenir informé, sécuriser le suivi, et revenir vers le client même si la solution n’est pas immédiate.

Accompagner (le “A” qui fidélise)
  • Informer le client de l’avancement (même si rien n’a bougé)
  • Tenir les engagements (délais, rappel, mail récapitulatif)
  • Clore proprement : vérifier la satisfaction et tracer en CRM

8. Désamorcer la colère avant toute résolution

La colère est une réaction physique et émotionnelle qui rend difficile la résolution d’un problème. Il est impératif de la désamorcer avant de traiter le fond.

  • Laissez la personne « vider son sac » en restant calme et respectueux.
  • Écoutez sans interrompre, sans anticiper, et sans contester les faits.
  • Accusez réception de son point de vue.
  • Approuvez dans la mesure du possible.
  • Présentez vos excuses de façon sincère lorsque cela est pertinent.
Astuce

Une fois la colère redescendue, ERIC/ERICA devient réellement efficace.

9. Cas pratique : mauvaise pratique vs ERIC

Situation : le client appelle, très énervé, car il n’a pas reçu son colis et on lui a donné des informations contradictoires.

Mauvaise pratique

Justification + contestation + solution trop tôt

Conseiller : « Ce n’est pas de notre faute, c’est le transporteur. Il faut attendre 48h. »

Effet : le client se sent ignoré, la colère augmente, risque d’escalade et d’avis négatif.

  • Interruption du client
  • Absence d’empathie
  • Pas de récapitulatif
  • Pas de plan clair
Approche ERIC/ERICA

Écoute + récapitulatif + questions + engagement + suivi

Conseiller : « Je vous écoute, expliquez-moi ce qui s’est passé depuis le début. »

R : « Si je résume : colis non reçu + informations différentes, c’est bien cela ? »

I : « Pouvez-vous me donner la date, le numéro de commande et le dernier message reçu ? »

C : « Je lance une vérification immédiate, je reviens vers vous avant 16h. »

A : « Si je n’ai pas le retour complet, je vous informe quand même à 16h. »

Le vrai “plus”

Le client accepte mieux l’attente quand il comprend le plan et qu’il est tenu informé (A = Accompagner).

10. Fiche mémo imprimable (ERIC / ERICA)

Fiche mémo – à garder sous les yeux

Objectif : apaiser, comprendre, résoudre, sécuriser le suivi.

  • E – Écouter : 80% client / 20% conseiller. Questions ouvertes + reformulations courtes.
  • R – Récapituler : « Si je résume… » + reconnaître le ressenti (sans être d’accord).
  • I – Interroger : faits + contexte + impact + attente. Du général au particulier.
  • C – Confirmer : plan clair + délais réalistes + prochaine action + validation client.
  • A – Accompagner : suivi proactif + info régulière + clôture + traçabilité CRM.

Phrase de sécurité : « Je m’engage à vous tenir informé(e) à [heure/date], même si la solution n’est pas finalisée. »

Astuce Blogger

Pour imprimer : utilisez la fonction “Imprimer” du navigateur. La mise en page est optimisée en mode print.

11. Schéma animé ERIC / ERICA

E Écouter 80/20 + questions ouvertes
R Récapituler valider + reconnaître le ressenti
I Interroger du général au particulier
C Confirmer plan + délais + validation
A Accompagner suivi proactif + clôture
À retenir

ERIC sécurise l’échange. ERICA sécurise la relation dans la durée.

12. Conclusion

ERIC et ERICA rappellent une vérité simple : il n’existe pas de client peu important. Une réclamation bien traitée peut devenir un levier de fidélisation, d’image et d’amélioration continue.

La communication verbale : comprendre la déperdition du message

Comprendre pourquoi un message n’est jamais transmis à 100 % et pourquoi l’écoute active est un levier majeur de performance relationnelle.



1. La communication : un processus non linéaire

La communication verbale n’est jamais un simple transfert d’informations. Entre l’intention de départ et le message transmis à un tiers, le contenu subit une série de transformations.

Chaque étape agit comme un filtre : formulation, perception, attention, compréhension, mémorisation, puis retransmission.

Point de repère

Plus le message circule, plus il peut s’éloigner de l’intention initiale. D’où l’importance de vérifier la compréhension, plutôt que de supposer.

2. Le schéma de déperdition progressive du message

Ce que je veux direIntention initiale100 %
Ce que je peux direLimites du langage90 %
Ce que je dis réellementFormulation réelle80 %
Ce que l’autre entendPerception70 %
Ce qu’il écoute réellementAttention60 %
Ce qu’il comprendInterprétation50 %
Ce qu’il retientMémoire25 %
Ce qu’il transmetReformulation10 %

Le surlignage progressif illustre la transformation et la perte du message à chaque étape.

Constat clé

Le risque majeur n’est pas “l’erreur”, mais l’illusion d’avoir été compris.

3. Pourquoi l’information se déforme

La déperdition de l’information est un phénomène naturel. Elle peut être amplifiée par :

  • les limites du vocabulaire et des formulations,
  • les biais cognitifs et les filtres personnels,
  • les émotions (stress, colère, fatigue),
  • le contexte (bruit, urgence, multitâche),
  • les expériences passées et interprétations.

4. L’écoute comme facteur clé

La qualité de la communication dépend autant de l’écoute que de l’expression. Une écoute partielle, distraite ou passive amplifie la perte d’information.

Mieux communiquer

Mieux communiquer, ce n’est pas seulement mieux parler : c’est avant tout mieux écouter.

L’écoute active (questions ouvertes, reformulation, validation) réduit le risque d’interprétation, sécurise la compréhension et limite les tensions.

5. Enjeux professionnels

Dans les environnements professionnels — relation client, management, formation, travail d’équipe — développer une écoute active, consciente et structurée permet de :

  • sécuriser la compréhension des messages,
  • améliorer la qualité des échanges,
  • renforcer la confiance et la coopération,
  • limiter les incompréhensions et les conflits.

6. Cas pratiques : manager, relation client et formateur

Pour illustrer concrètement la déperdition du message, voici trois situations où l’écart entre ce qui est dit et ce qui est compris produit des effets immédiats.

Cas pratique 1 – Manager / équipe

Phrase : « Il faut être plus rigoureux sur les délais. »

  • Intention : améliorer l’organisation (100%)
  • Réception : “pression” et “contrôle” (70%)
  • Rétention : “on va être sanctionnés” (25%)

Bonne pratique : préciser + vérifier : « Concrètement, cela signifie… Est-ce clair ? »

Cas pratique 2 – Relation client / client mécontent

Phrase : « Votre dossier est en cours de traitement. »

  • Intention : rassurer (100%)
  • Réception : “on ne s’en occupe pas” (70%)
  • Rétention : “aucune solution” (25%)

Bonne pratique : contextualiser : « Prochaine étape à… Je vous informe à… »

Cas pratique 3 – Formateur / apprenants

Situation : explication unique sans reformulation ni exercice.

  • Transmission : concept clé (100%)
  • Compréhension : partielle (50%)
  • Rétention : fragments (25%)

Bonne pratique : faire reformuler : « Comment le rediriez-vous avec vos mots ? »

7. Fiche “anti-déperdition” à imprimer

Fiche pratique – Réduire la déperdition du message

À utiliser en réunion, en relation client, en formation, en management.

Avant de parler

  • Quel est l’objectif du message (décision, information, action) ?
  • Quel est le niveau de contexte de l’autre (déjà informé / novice) ?
  • Quel risque de malentendu (termes, urgence, émotion) ?

Pendant l’échange

  • Parler simplement : 1 idée = 1 phrase courte.
  • Limiter les “implicites” : préciser qui fait quoi, quand, comment.
  • Utiliser une question de contrôle : « Est-ce clair ? » / « Qu’en retenez-vous ? »

Après l’échange

  • Faire reformuler : « Pouvez-vous me redire avec vos mots ? »
  • Résumer en 3 points maximum (action, délai, responsable).
  • Tracer si nécessaire (mail récapitulatif, CRM, compte rendu).

Phrase modèle (universelle)

« Pour être certain que nous nous comprenons : si vous deviez résumer en une phrase, qu’est-ce qui est le plus important ? »

Astuce impression

Utilisez “Imprimer” dans votre navigateur : la page est optimisée pour sortir proprement en PDF ou papier.

8. Conclusion

Comprendre la déperdition du message permet de relativiser les malentendus et d’adopter une posture plus attentive et plus professionnelle.

Mieux communiquer, ce n’est pas viser la perfection du discours, mais créer les conditions d’une compréhension partagée.