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mercredi 4 février 2026

Perception client : pourquoi un même message ne veut pas dire la même chose

Nous ne voyons pas la réalité : nous l’interprétons

En relation client omnicanale, une même réponse peut être vécue comme “professionnelle” par un client… et comme “froide” ou “méprisante” par un autre. Ce n’est pas toujours un problème de service. C’est souvent un problème de perception.

Perception Émotion Omnicanal ⚡ Effet “même fait, vécu différent”


1. Pourquoi la perception est l’enjeu n°1 en relation client

En 2026, les parcours sont rapides, automatisés et multicanaux. Mais le client n’évalue pas un process : il évalue un ressenti. Et ce ressenti naît souvent d’une lecture implicite : “Est-ce qu’on me comprend ? Est-ce qu’on me respecte ? Est-ce qu’on tient parole ?”

Le fait “Votre demande est traitée sous 48h.”
La perception “On me fait attendre / on ne me considère pas.”
La conséquence Relance, avis négatif, escalade, churn.
Erreur fréquente

Répondre au client uniquement avec des faits alors qu’il est déjà dans l’émotion. Résultat : on “a raison”… et on perd la relation (et parfois le client).

2. Comment le cerveau fabrique une “réalité”

Le cerveau ne fonctionne pas comme une caméra. Il fonctionne comme un moteur d’interprétation. Il cherche une version du monde cohérente et utile, pas forcément exacte.

La “recette” cognitive (simplifiée)
  • Filtrage : je ne retiens qu’une partie de l’info (ce qui “compte” pour moi).
  • Interprétation : je donne un sens selon mon expérience, mes croyances, mon contexte.
  • Émotion : le sens déclenche un ressenti (sécurité / menace, confiance / doute).
  • Réaction : je décide (relance, plainte, confiance, abandon, avis public).

En relation client, ce mécanisme est amplifié par : la pression du temps, la peur de se faire avoir, l’historique d’incidents, et le contexte (urgence, coût, enjeu personnel).

Indice terrain

Quand un client dit “c’est inadmissible”, il ne décrit pas un fait : il décrit une interprétation… donc une émotion. Et c’est cette émotion qui pilote la suite de l’échange.

3. Encadré — Syndrome du cycliste : comprendre pour désamorcer

Syndrome du cycliste : comprendre pour désamorcer

Le “syndrome du cycliste” est une métaphore simple d’un biais très fréquent : on se courbe face à ce qui nous domine (hiérarchie, institution, marque), et on se défoule sur ce qui semble accessible (interlocuteur direct, agent, conseiller).

En relation client, cela donne un scénario classique : le client est en colère contre “la société”, le “système”, “le process”… mais c’est le conseiller qui reçoit l’impact émotionnel. Ce n’est pas personnel : c’est un transfert de pression.

  • Ce que ça explique : “je sais que vous n’y êtes pour rien, mais…”
  • Ce que ça provoque : ton agressif, exigence maximale, relances répétées.
  • Ce qui désamorce : reconnaître l’émotion + clarifier l’intention + cadrer la suite.

Phrase utile (omnicanal) : “Je comprends votre frustration. Mon rôle, c’est de reprendre le dossier et de vous donner une prochaine étape claire.”

Version édito LADREC

Le syndrome du cycliste rappelle un point essentiel : nous ne réagissons pas à la réalité brute, mais à la place que nous pensons occuper dans cette réalité (pouvoir, injustice, contrôle, dépendance). En omnicanal, cette perception se propage : une frustration née sur le chat peut exploser au téléphone… et se rejouer sur les réseaux.

4. Omnicanal : la perception se rejoue à chaque canal

L’omnicanal, ce n’est pas “être partout”. C’est offrir une cohérence de compréhension et une cohérence émotionnelle entre chaque point de contact.

Rupture omnicanale typique

Chat = “réponse rapide” (perçue comme expéditive) → Téléphone = “je dois répéter” → Mail = “copier-coller” → Réseaux sociaux = “ils répondent seulement en public”.

Ce n’est pas seulement une rupture de parcours : c’est une rupture de perception.

Objectif

Que le client sente la même intention : comprendre, aider, tenir parole.

5. Schéma animé : le cycle de perception client

À chaque interaction, le client traverse un cycle invisible. Si tu pilotes ce cycle, tu pilotes l’expérience. Sinon… tu subis l’émotion.

StimulusMessage / délai / ton
FiltreAttention sélective
SensInterprétation
ÉmotionConfiance / menace
RéactionRelance / plainte / avis
Note terrain

Le client n’arrive pas “neutre”. Il arrive avec une histoire, un niveau de stress, et parfois des expériences négatives passées. Ce passé influence fortement le “filtre”.

6. Cas pratiques (chat, mail, téléphone, réseaux sociaux)

Cas 1 — Chat : la bonne réponse, mauvaise perception

Le bot répond correctement… mais le client perçoit une absence d’écoute.
À faire : ajouter 1 phrase d’alignement émotionnel + 1 question de clarification.
Exemple : “Je comprends, c’est frustrant. Pour vérifier, vous parlez de la commande X ?”

Cas 2 — Mail : une phrase neutre devient “froide”

“Nous revenons vers vous dès que possible.” (neutre pour l’entreprise) peut être perçu comme “ils s’en fichent”.
À faire : préciser un repère temporel + un engagement concret.
Exemple : “Je reviens vers vous aujourd’hui avant 17h, même si je n’ai pas encore la réponse finale.”

Cas 3 — Réseaux sociaux : la perception “réponse vitrine”

Le client perçoit que l’entreprise répond surtout pour l’image.
À faire : basculer vite en privé + récap public minimal (sans données) + preuve d’action.

7. Leviers concrets pour réduire les malentendus

Levier 1 — Clarifier l’intention

Une même phrase change de perception selon l’intention perçue. Ajoute 1 ligne qui explique le “pourquoi”.
Ex. “Je vous pose cette question pour éviter une erreur de traitement.”

Levier 2 — Donner un repère temporel fiable

L’incertitude crée l’émotion. Le temps “flou” = anxiété. Mieux vaut un repère réaliste qu’une promesse vague.
Ex. “Je reviens vers vous demain avant 12h.” (même si la résolution finale prend plus longtemps)

Levier 3 — Réduire l’effort client (surtout omnicanal)

Répéter = frustration. Récapitule, transfère, pré-remplis. Le client doit sentir : “ils savent déjà”.
Ex. “Je reprends le dossier : votre demande concerne X, et l’étape bloquante est Y.”

Levier 4 — Reformuler ce que le client croit comprendre

“Si je résume : vous avez X, vous attendez Y, et votre priorité c’est Z.” Cette phrase évite une grande partie des malentendus.

Règle LADREC

En omnicanal, on ne gère pas seulement des dossiers. On gère des perceptions qui voyagent de canal en canal.

8. Mini-quiz + anti-erreurs

Mini-quiz : que réponds-tu en premier ?

Client : “C’est n’importe quoi, votre service !”

Option A : “Nous avons respecté la procédure.”

Option B : “Je comprends votre frustration. Dites-moi ce qui s’est passé, je reprends avec vous.”

Réponse LADREC : B.
Parce que tu traites d’abord la perception (émotion + sens), puis les faits. C’est la base pour désamorcer le “syndrome du cycliste”.
Anti-erreurs (les 3 réflexes à éviter)
  • corriger le client trop vite (“non, ce n’est pas ça”),
  • se réfugier dans la procédure,
  • laisser le flou sur le délai ou la prochaine étape.

9. Conclusion

En relation client omnicanale, la vérité “objective” ne suffit pas. Ce qui compte, c’est la réalité vécue : la perception du client, et ce qu’elle déclenche.

Maîtriser la perception, ce n’est pas manipuler. C’est rendre l’expérience plus claire, plus cohérente, et plus humaine — quel que soit le canal.

À appliquer dès aujourd’hui

Sur ta prochaine interaction difficile : reformule la perception du client en une phrase, clarifie ton intention (“je fais ça pour…”), puis donne une prochaine étape avec délai. Tu verras la tension baisser… et la confiance remonter.

dimanche 22 mars 2015

Assertivité : comprendre et pratiquer une communication ferme et respectueuse

Assertivité : s’affirmer sans agresser (et sans s’effacer)

L’assertivité n’est pas un “talent naturel”. C’est une compétence de communication : elle s’apprend, se structure et se pratique — pour exprimer un message difficile avec clarté, respect et efficacité.

Assertivité

1. Définition simple et opérationnelle

L’assertivité, c’est la capacité à dire ce que l’on pense, exprimer ce que l’on ressent et formuler une demande claire tout en respectant l’autre.

Repère concret

Une communication assertive est à la fois : claire (on comprend le message), calme (le ton ne déborde pas), et orientée solution (on avance).

À retenir

L’assertivité n’est pas “être gentil”. C’est être juste : ni soumission, ni domination.

2. Agressif / Passif / Manipulateur : les 3 pièges

On présente souvent l’assertivité comme le refus de trois styles qui dégradent les relations et l’efficacité :

  • Agressif : on impose, on attaque, on humilie, on “gagne” à court terme… mais on perd la relation.
  • Passif : on se tait, on subit, on laisse faire… puis on accumule de la frustration.
  • Manipulateur : on contourne, on insinue, on met la pression indirectement… et la confiance s’effondre.
Erreur fréquente

Confondre assertivité et “franchise brutale”. Une vérité dite sans cadre relationnel devient souvent une agression.

3. Les compétences clés de l’assertivité

L’assertivité se construit sur des micro-compétences très concrètes :

  • Se respecter (droits, limites, besoins) et se faire respecter sans escalade.
  • Gérer sa charge émotionnelle (ne pas répondre sous pic de tension).
  • Décrire des faits plutôt que juger des personnes.
  • Formuler une demande précise, réaliste, négociable si besoin.
  • Tenir le cadre : répéter calmement, recadrer, conclure.
Indicateur de progrès

Tu sais que tu montes en assertivité quand tu peux dire non sans te justifier 10 minutes, et recadrer sans te sentir coupable.

4. Méthode LADREC : le script assertif (prêt à l’emploi)

Voici une structure simple, utilisable en relation client, au travail, en famille :

Script assertif en 4 étapes
  • Faits : “Quand [fait observable]…”
  • Impact : “Cela entraîne [conséquence concrète]…”
  • Besoin / cadre : “J’ai besoin que [règle / limite]…”
  • Demande : “Est-ce que vous pouvez [action précise] ?”
À éviter

“Vous êtes toujours…” / “Vous ne respectez jamais…” (jugement + généralisation) : ça déclenche une défense immédiate.

5. Schéma animé : le cycle assertif

Quand la tension monte, l’assertivité repose sur une séquence courte : on se régule, on clarifie, on formule, on écoute, on conclut.

StopPause + respiration
FaitsObserver sans juger
MessageImpact + besoin
DemandeAction claire
CadreAccord / suite
Note

Répéter ce cycle permet d’éviter le réflexe “attaque / fuite”. On reste dans une communication utile.

6. Cas pratiques (relation client, travail, quotidien)

Cas 1 — Relation client : ton agressif

Faits : “Je vous entends élever la voix.”
Impact : “Dans ces conditions, je risque de mal vous aider.”
Cadre : “Je veux résoudre votre demande, calmement.”
Demande : “On reprend ensemble : quel est le problème principal ?”

Cas 2 — Travail : surcharge / demandes tardives

“Quand une demande arrive à 17h30 (fait), je ne peux pas garantir la qualité (impact). J’ai besoin d’un délai minimum de 24h (cadre). Est-ce qu’on valide une règle simple : toute demande non urgente avant 16h (demande) ?”

Cas 3 — Quotidien : limites personnelles

“Je comprends ton besoin, mais je ne suis pas disponible ce soir. Je peux demain entre 18h et 19h.” (Refus clair + alternative = assertif)

7. Exercices d’entraînement

Exercice 1 — Transformer 3 phrases

Prends 3 phrases “agressives” ou “passives” et réécris-les avec le script en 4 étapes. Objectif : faits + demande, sans jugement.

Exercice 2 — La répétition calme (technique du disque rayé)

Répète la même phrase assertive, sans t’énerver, sans te justifier. Exemple : “Je comprends, mais je ne peux pas. Je vous propose X.”

Exercice 3 — Le test “ton + posture”

Lis ton message à voix haute : si ton ton monte, ton message perd en efficacité. Ajuste : moins de vitesse, plus de silence, phrases plus courtes.

8. Conclusion

L’assertivité n’est pas réservée aux profils “forts”. Elle sert justement à éviter les deux excès : s’écraser ou exploser.

En maîtrisant une structure simple (faits → impact → besoin → demande), tu gagnes en clarté, tu protèges la relation, et tu rends la communication réellement productive.

samedi 7 mars 2015

Marketing et Communication : Baromètre des métiers et compétences de transition digitale

CARTOGRAPHIE DES METIERS MARKETING/COMMUNICATION DIGITAL 

L’Interactive Advertising Bureau France (IAB France) présente les résultats du premier baromètre sur les métiers et les compétences de la transition digitale dans le secteur du marketing et de la communication.

Cette étude, réalisée par AddedValue, avec le soutien d’Aquent, le Groupe La Poste et Microsoft, avec le concours de l’ACSEL, le CPA, l’EFAP et le SNCD, et mise en design par DATAGENCY, a pour ambition de dresser la feuille de route des métiers et compétences du marketing de demain.

Elle apporte des réponses concrètes et chiffrées aux jeunes diplômés, aux cadres en activité, aux RH mais aussi aux managers métiers et aux organismes de formation. 

  • Peut-on construire une cartographie dynamique des métiers avec leur évolution en fonction de leur maturité ?
  • Quelles sont les nouvelles compétences des cadres Mark/Com pour intégrer et réussir la digitalisation de l'économie ?
  • Quels sont les moyens de formation ? 
  • Quels sont les enjeux et l’état des lieux de la formation initiale?

INTEGRER ET REUSSIR LA TRANSITION DIGITALE

Intégrer les trois fondamentaux du marketing digital

Pour rester en pointe de leur expertise, les marketers et communicants doivent désormais intégrer trois dimensions  fondatrice de la transformation numérique :
  • La technicité : connaître les outils, le jargon
  • La temporalité : le temps réel et la fin des plans
  • Le ciblage : du comportemental au one-to-one

Les cinq domaines de compétences clés


Les métiers du marketing et de la communication numériques requièrent 5 domaines de compétences clés : Analytique, Technique, Créative, Interface consommateur, Management/organisation.


Ces dernières s’inscrivent dans le « process du marketing », c’est-à-dire les différentes étapes rythmant tous dispositifs marketing digital et sur lesquelles interviennent l’ensemble des métiers. Ce cercle vertueux est orienté par deux pôles : le contenu et la data.

Les compétences numériques essentielles pour les marketeurs

Quatre compétences sont jugées essentielles et représentent donc « matière » à formation régulière :

  • La gestion de projet (73%)
  • Les leviers de performance (62%)
  • La maîtrise des outils d’analyse (59%)
  • Le Social Media (54%)

CARTOGRAPHIE DES METIERS MARKETING/COMMUNICATION DIGITAL



Un classement métiers en fonction de leurs spécificités et maturités

L’évolution des métiers du Marketing et de la communication numérique est intrinsèquement liée à celle, rapide, de la technologie. Si tous les métiers sont touchés par cette règle, celle-ci est plus pertinente pour les plus récents. La taille de l’entreprise et sa souplesse sont également très impactants.

Afin de faire état des métiers actuels dans le secteur de la communication et du marketing digital et de se projeter vers leurs évolutions possibles, l’étude propose une cartographie ainsi que plusieurs scenarii de mutations. Celle-ci se base sur un classement en fonction du degré de maturité des métiers et de leurs spécificités.


LES ENJEUX DE LA FORMATION


L’étude cartographie les domaines de compétences acquis au cours de la formation initiale mais aussi dans le cadre de la formation continue et de l’expérience :

Les professionnels interrogés mettent en première place la pratique et l’expérience acquise sur les projets, le « on the job » est largement dominant à 56 %. Au-delà, ce sont les séminaires ou les MOOC qui sont jugés les plus pertinents.

A noter que les répondants manquent d’informations sur l’offre de formations disponible, puisque 32% d’entre eux ne peuvent citer d’écoles ou d’organismes de formation proposant des cursus dédiés au marketing digital.

Les besoins en termes de formation sont nets. Au regard des différents classements établis par l’étude, il faut noter, en effet, que :

  • Si le social media et l’analytic sont vus comme des compétences-clés, c’est dans ces domaines que se trouvent les métiers jugés les moins bien formés (animateur de communauté pour 59%, consultant e-réputation 56%).
  • Data scientist, métier identifié comme le moins bien formé (63%), est également celui exigeant la formation théorique la plus complète (73%).

LES METIERS DE DEMAIN


L’étude met en lumière les dix métiers amenés à perdurer. En tête, un trio reposant sur des enjeux majeurs de la transformation digitale:


La data (data scientist pour 85% des répondants)
  • Le Mobile (Chef de projet Web mobile pour 81% et responsable de la stratégie Mobile pour 78%)
  • L’e-CRM (Chef de projet e-CRM 78%)


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mardi 10 février 2015

Méthodes SBAM (et BAM) : la politesse commerciale qui améliore l’expérience client


À retenir en 30 secondes

SBAM = Sourire, Bonjour, Au revoir, Merci. C’est une “base” relationnelle qui agit sur la perception (accueil, respect, confiance) et donc sur l’expérience client. En 2026, SBAM reste essentiel en omnicanal : le “sourire” se traduit aussi par le ton, la clarté et la bienveillance à l’écrit.

Qu’est-ce que la méthode SBAM ?

La méthode SBAM est un repère simple utilisé en relation client et en vente (magasin, téléphone, accueil, support). Elle vise à créer une interaction positive, respectueuse et professionnelle, même quand l’échange est court.

Lettre Signification Objectif relationnel
S Sourire Mettre à l’aise, ouvrir l’échange, montrer une intention positive.
B Bonjour Reconnaître la personne, lancer un contact clair et poli.
A Au revoir Clôturer proprement, laisser une impression positive.
M Merci Valoriser l’échange, renforcer le respect et la considération.
Point pédagogique

SBAM ne remplace pas les compétences métier (conseil, technique, vente). Il améliore la qualité perçue et la fluidité de l’échange. C’est un “socle”.

Pourquoi ça fonctionne (psychologie & image)

Dans la relation client, la perception compte autant que le contenu. SBAM agit sur des signaux immédiats : respect, disponibilité, intention positive, professionnalisme.

Effet “premières secondes”

Un bon démarrage (S + B) réduit la tension, facilite l’écoute, et augmente la coopération du client.

Effet “dernière impression”

Une clôture propre (A + M) renforce la mémorisation positive et la probabilité de retour.

Attention au “SBAM mécanique”

Dire les mots ne suffit pas. L’intention doit être cohérente : ton, posture, regard, écoute. Sinon, l’effet peut être contre-productif (perception d’automate ou de fausse politesse).

SBAM en omnicanal : téléphone, email, chat, magasin

En 2026, une partie importante des échanges se fait à distance. SBAM reste valable, mais le “Sourire” se traduit différemment selon le canal.

Canal Comment “Sourire” se traduit Bon réflexe
Magasin / accueil Visuel : sourire, posture ouverte, regard Accueillir rapidement + disponibilité non verbale
Téléphone Vocal : intonation, rythme, énergie, sourire “dans la voix” Articuler, parler calmement, reformuler
Email Écrit : clarté, politesse, structure, ton bienveillant Objet clair + réponse structurée + formule de fin propre
Chat / messageries Écrit court : empathie, précision, réassurance Salutation + phrases simples + confirmation de compréhension
Astuce formateur

En omnicanal, SBAM devient aussi un standard de cohérence : le client doit sentir la même qualité de relation, quel que soit le canal.

Exemples concrets et mini-scripts

Exemple 1 – Magasin (accueil simple)

SBAM

S : sourire + regard. B : “Bonjour, bienvenue. Je peux vous aider ?” A : “Au revoir, bonne journée !” M : “Merci et à bientôt.”

Exemple 2 – Téléphone (support / SAV)

Script (très efficace)

B : “Bonjour, [Prénom] à l’appareil, je vous écoute.”
S : ton calme + empathie : “Je comprends, on va regarder ça ensemble.”
A : “Au revoir, je vous confirme : [résumé de la solution / prochaine étape].”
M : “Merci pour votre appel, et n’hésitez pas si besoin.”

Exemple 3 – Email (réponse à une demande)

Structure recommandée

Bonjour [Nom],
Merci pour votre message. Voici les éléments :
1) …
2) …
Si vous le souhaitez, je peux aussi …
Merci et au revoir,
[Signature]

Exemple 4 – Chat (interaction courte)

Modèle “pro”

Bonjour ! Je m’en occupe. Pour être certain : vous souhaitez… (reformulation).
Parfait, voici la solution : …
Merci et au revoir !

BAM vs SBAM : quelle différence ?

On rencontre souvent deux versions :

BAM

Bonjour, Au revoir, Merci. La politesse “universelle” du quotidien, utilisable partout, même hors contexte commercial.

SBAM

BAM + Sourire. Dans la vente et la relation client, le sourire (ou son équivalent vocal/écrit) renforce l’accueil et l’image professionnelle.

Cas particuliers

Dans certains métiers (pompes funèbres, police, situations de crise), le sourire peut être discret ou absent. L’essentiel est la posture de respect, la sobriété, et la qualité de l’écoute : le SBAM se traduit alors par le comportement (et non par l’expression faciale).

Conseils de formateur : s’entraîner et mesurer

SBAM devient efficace quand il est naturel. Pour y parvenir, voici une méthode simple de formation.

Exercice (10 minutes) – “Sourire canal”
  1. Fais une phrase neutre : “Je vais m’en occuper.”
  2. Dis-la en mode “fatigue” (sans sourire), puis “professionnel” (avec intention positive).
  3. Recommence en chat (écrit) : version sèche vs version claire et bienveillante.
  4. Compare l’impact ressenti : ton, rythme, clarté, perception.
Indicateurs simples (terrain)
  • Remontées “accueil” dans les verbatims clients (à chaud),
  • Réduction des tensions et escalades (moins de conflits),
  • Meilleure coopération (client plus réceptif),
  • Qualité de clôture (moins de “rappels” inutiles).

Conclusion

SBAM est une politesse commerciale simple, mais puissante : elle améliore la perception, la confiance et la qualité de la relation, en présentiel comme à distance. BAM reste la base universelle de la politesse. La différence se joue sur l’intention, la cohérence et l’adaptation au canal.

dimanche 5 janvier 2014

Recrutez un "Community manager" pour suivre la gestion de la relation client

Le métier de Community Manager

La nécessité de communiquer sur son entreprise, de rédiger du contenu sur les médias sociaux, de faire de la veille concurrentielle a donné naissance il y a à peine cinq ans environ au métier de Community Manager (CM).

L'internaute utilise de nouveaux moyens de consommation dans son acte d'achat : les forums et les sites d'avis lui servent à récupérer les commentaires de la communauté sur un produit, une marque, une enseigne : ce sont ces commentaires et ces avis qui aujourd'hui, font office de gage de qualité. 

La communauté est devenue une référence, elle est consultée, lue, appréciée. Le rôle du Community Manager grandit avec le recours à ces communautés : ce métier est devenu de nos jours un incontournable en matière de communication d'entreprise. Et si les États-Unis l'ont déjà compris depuis longtemps, la tendance en France est depuis maintenant quelques années à la hausse. 

Les entreprises recrutent un community manager pour trois raisons principales
  1. accroître la notoriété de l’entreprise, acquérir de nouveaux clients et fidéliser les leurs. 
  2. Suivent la gestion de la relation client (CRM), le recrutement et le travail autour de la marque employeur.
Si le terme « Community Manager » (qui signifie une fois francisé « animateur de communauté web») est employé dans 45 % des cas, d’autres appellations : chargé de communication web, social media manager, gestionnaire de communautés Internet, animateur réseaux sociaux, manager de communautés… sont utilisées.

Les missions du community manager

Le community manager a pour mission de créer et d’animer des communautés dans le but de développer les relations avec ses publics – collaborateurs, utilisateurs, clients…

Dans un premier temps, le community manager élabore la stratégie de présence de son entreprise sur les médias sociaux afin de répondre aux objectifs déterminés en concertation avec les différentes directions concernées (innovation, marketing, communication..).

Les objectifs peuvent être variables : développer la notoriété et l’image de marque de l’entreprise, soigner son e-reputation, mettre en place une plateforme participative en interne pour favoriser l’innovation, déployer des dispositifs de knowledge management, ouvrir la plateforme à la communauté externe (consommateurs, usagers, grand public) afin de permettre la co-création de services, produits ou contenus.

Concrètement, il lui faudra dialoguer avec les internautes sur les différentes plateformes ou médias sociaux de son entreprise mais aussi sur les sites extérieurs : blogs, forums, réseaux sociaux. Il sera force de proposition sur les contenus impactants en fonction des objectifs à atteindre et connaîtra les mécanismes de diffusion les plus adéquats.

Le community manager est aussi en charge de la veille technologique (nouveaux outils ou médias sociaux – Facebook, Dailymotion, Twitter ,YouTube, Flickr ....) mais aussi sectorielle (étude du marché). De ce fait, il est aussi l’élément clé pour observer les remontées négatives et leur amplification au point de devenir d’éventuelle crise. Il aura donc en charge de prévenir les situations de crise et, en dernier recours, mettre en place des scénarios de gestion de crise.

1- Développer la notoriété de la marque (de l’entreprise, de l’institution, de l’association) sur le web

Pour atteindre cet objectif, le community manager est amené à passer par un certain nombre d’activités :
  • Effectuer une veille permanente des communautés en lien avec la marque, l’entreprise, l’institution,… : recenser les communautés sur le Web pouvant influer sur le positionnement de la marque (bloggeurs, forums de discussion...).
  • Participer à la création des valeurs de la communauté : culture, codes sociaux et langagiers...
  • Définir les objectifs de la communauté en accord avec le comité de validation : test de produit, information du client (ou de l'utilisateur), promotion de la marque...
  • Définir les indicateurs permettant de suivre la vie de la communauté (nombre de posts, qualité des réponses...).
  • Planifier et suivre les actions de recrutement de membres en ligne (partenariats, parrainage, campagne d'e-mailing...) en lien avec le marketing.
2- Animer la communauté et renforcer sa cohésion 

L’animation de la communauté par le community manager consiste à :
  • Faire des membres déjà existants un relai d'information au sein de la communauté.
  • Lancer des sujets permettant de susciter le débat ou le partage d'expériences, de pratiques entre les internautes / consommateurs.
  • Veiller à la qualité des réponses, y compris des critiques apportées à la marque ou au produit afin d'être en mesure de les exploiter et de relancer la discussion.
  • Faire respecter les règles éthiques de la communauté (net-étiquette) via une action de modération sur le contenu produit par l'internaute : exclusion des propos, photos, ou vidéos à caractères raciste, pornographique, insultant...
  • Gérer l'historique et l'archivage des données contenues sur le site (sujets abordés, informations et documents transmis par l'entreprise ou les internautes...).
  • Rechercher de nouveaux médias sociaux (Dailymotion, Facebook...) permettant d'étendre l'influence de la communauté.
  • Assurer la fidélisation des internautes via des évènements on-line (newsletter, jeux concours...).
  • Mettre en œuvre des opérations événementielles pour réunir physiquement la communauté et ses leaders (bloggeurs influents, membres « VIP »,...).
3- Accompagner le développement technique et fonctionnel de la plateforme

Dans certains cas, le community manager est amené à gérer une plateforme spécifique par laquelle passent les échanges d’une même communauté. Pour ce faire, il doit :
  • Veiller aux conditions d'utilisation du site notamment au regard des contenus interdits.
  • Signaler les bugs des fonctionnalités du site et veiller à la disponibilité de la plateforme.
  • Coordonner avec les équipes techniques les améliorations à apporter à la plateforme du site Internet.
  • Analyser le buzz marketing* et suivre l'image de la marque sur les différents supports on-line (analyse d'images, de contenu...).
  • Suivre l'audience des différents supports de la communauté en lien avec le traffic manager**.
  • Effectuer un reporting des actions de communication engagées sur ce mode de relation au consommateur.
*Le buzz (anglicisme de « bourdonnement » d'insecte) est un technique marketing consistant, comme le terme l’indique, à faire du bruit autour d’un événement, un nouveau produit ou d'une offre.

** Le responsable du trafic est en charge de la gestion et de l'organisation des espaces et des campagnes publicitaires sur Internet.

4- Etablir le reporting et analyser

Une part importante de la mission du community manager consiste en l’évaluation de la communauté :
  • Suivre et analyser les indicateurs de satisfaction et d'insatisfaction des individus et de l'ensemble la communauté.
  • Suivre les statistiques de fréquentation.
  • Proposer des axes d'amélioration.
5- Rester en veille

La veille reste une part très importante du travail du community manager qui se doit pour être efficace de :
  • Surveiller les nouveaux usages (techniques, sociaux, marketing) sur les sites et les plateformes déjà utilisées.
  • Faire de la veille concurrentielle sur la gestion de communauté des organisations concurrentes.
  • Suivre les mises à jour des règles d'utilisation des réseaux sociaux et s'assurer que l'organisation est bien en conformité avec celles-ci (valable notamment pour Facebook qui modifie très régulièrement les conditions d'utilisation des pages fans).
  • Identifier les sites et plateformes émergeants.
  • Les compétences et qualités pour exercer ce métier
Le community manager doit posséder les compétences techniques suivantes :
  • Connaître précisément le sujet qui anime la communauté : l’environnement socioculturel des membres (langage, codes « sociaux », jargon...), les acteurs clefs (personnalités influentes, bloggeurs reconnus...), les plateformes de discussion...
  • Maîtriser les nouveaux médias de communication : médias communautaires (Dailymotion, Youtube...), réseaux sociaux professionnels ou non (Viadeo, Facebook, Twitter...), blogs, forums...
  • Maîtriser les outils de veille et de mesure de l'e-réputation : (métamoteurs sociaux, moteurs de blogs, moteurs d’actualités, suivi et recherche de commentaires, moteurs de forums et microblogging, agrégateurs,…).
  • Maîtriser les techniques de veille et de recherche permettant de fournir de l'information, de susciter le débat et d'analyser les retours (techniques d'enquêtes qualitatives, sémiotiques...) et des outils associés (Google Alertes / Reader, Twitter, etc.).
  • Avoir une bonne pratique des outils de mesure d'audience et/ou de statistiques permettant de suivre la notoriété d'une marque sur les différents supports de discussion (Xiti, Adwords, Google Analytics,...).
  • Maîtriser l’anglais est fréquemment demandé.
Les qualités indispensables à la bonne pratique de ce métier sont :
  • Curiosité et goût pour l'investigation car le community manager a un double rôle : trouver des sujets innovants pour dynamiser la communauté et faire participer les membres.
  • Diplomatie et écoute car il joue un rôle à la fois d'animateur et de modérateur au sein de la communauté.
  • Goût du contact car le community manager est en permanence sollicité par les internautes pour expliquer la pertinence du community management, la marque (ou le produit) ou répondre aux questions des internautes.
  • Capacité d'adaptation et bonne expression orale car le community manager est en contact avec des interlocuteurs variés au sein de l'entreprise : direction technique pour participer aux évolutions techniques de la plateforme, direction marketing pour analyser le buzz de la marque sur le Web...
  • Capacité rédactionnelle et sens de communication car la partie rédactionnelle occupe une place importante dans son activité quotidienne.
  • Force de proposition pour faire évoluer le contenu, les objectifs (mesure d'audience...) et la plateforme technique en elle-même (ergonomie, fonctionnalités...).
  • Capacité d'analyse et de synthèse car le community manager doit pouvoir effectuer des reporting auprès de ses différents interlocuteurs au sein de l'entreprise.
Comment devenir community manager ?

Si des formations spécifiques en community management existent depuis quelques années, ce sont surtout les profils issus d’études supérieures en marketing, communication ou issus d’écoles de journalisme qui sont recherchés. Ainsi que les candidats ayant déjà une expérience en agence de communication digitale ou chez l’annonceur.

Salaire et recrutement

Le salaire d’un community manager oscille entre 26 000 et 40 000 euros annuels. Le salaire moyen est d’environ 35 000 euros par an. En 2012, les secteurs qui payaient le mieux étaient le commerce, les services et les biens de consommation, d’après le baromètre des salaires Expectra. 

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